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Comment le Quartier DAC a-t-il vu le jour

A diverse crowd gathers around a large sign displaying the word "Ottawa" in bold letters

Depuis toujours, le centre-ville d’Ottawa nous livre des occasions exceptionnelles de divertissement, d’art et de culture : salles de spectacles légendaires, institutions artistiques nationales, galeries indépendantes et festivals réputés, sans oublier les endroits où boire un verre et danser jusqu’aux petites heures. C’est ici que ça se passe, facilement accessible à pied ou à vélo.

Il n’a jamais été question d’une pénurie de choses à faire, mais plutôt de savoir relier les points.

Alexandra Badzak, direction et chef de la direction de la Galerie d’art d’Ottawa (GAO), occupe un rôle central au cœur même du projet Quartier DAC. « Nous pouvons nous enorgueillir de notre éventail de divertissement, d’art et de culture, » dit-elle, « mais, en tant qu’écosystème culturel, nous peinons à tout canaliser. »

À titre d’exemple, elle se rappelle un moment marquant : il y a quelques années, alors que la GAO présentait une exposition sur le hip-hop, le Centre national des arts (CNA) offrait simultanément du théâtre axé sur cette culture urbaine, et que le marché By installait à l’insu des autres, des œuvres d’art public s’inspirant elles aussi de cette forme d’art. Ni l’une ni l’autre de ces institutions n’était au courant de la programmation de l’autre.  

« Et si nous avions pu faire front », continue-t-elle, « et transporter le public d’un endroit l’autre ? Quel coup ! »  

C’est ce « et si » qui est au cœur du Quartier DAC

Après la pandémie, l’avenir du centre-ville s’est rapidement imposé comme question clé. Face aux réels défis présents, la GAO et d’autres organismes se sont penchés sur la façon de modifier l’expérience du cœur urbain.

« Nous avons demandé à quoi pourrait mener tapisser l’espace public d’œuvres audacieuses », explique Alexandra Badzak.

En premier lieu est né un projet pilote réalisé en collaboration avec l’artiste eepmon et l’hôtel Les Suites. La GAO a commandé à eepmon une murale colorée et hardie qui envelopperait la façade de l’hôtel sur la rue Daly. Grâce à la monumentale œuvre Floraison chaotique, ce qui était auparavant une rue secondaire sans intérêt, attire aujourd’hui le regard piéton.

« Le résultat a été instantané, » continue Alexandra Badzak « la murale a littéralement changé la façon dont on aborde la rue ».

Ce premier projet a par la suite donné lieu à des échanges plus poussés. Partout dans le monde, des villes se sont tournées vers l’art et la culture pour insuffler un vent nouveau dans leur centre-ville. Est-ce qu’Ottawa ne pourrait pas faire de même ?

Établir des liens entre culture et édifices municipaux

L’idée d’établir un quartier pour le divertissement, les arts et la culture a rapidement gagné en popularité et s’est retrouvée formellement dans le plan d’action pour le centre-ville d’Ottawa [Downtown Ottawa Action Agenda] avec l’appui d’un développement économique. Le maire, les membres du conseil, de la Chambre de commerce, et de l’Institut urbain du Canada ont secondé l’idée. Et le plus surprenant, cela s’est fait sans opposition.

« Il n’y a eu aucun défaitisme, » se rappelle Alexandra Badzak, « tout le monde a cru en l’idée, mais avec un peu de nervosité face à l’exécution ».

Le Quartier DAC change les règles du jeu pour Ottawa. Il célèbre notre identité, met de l’avant notre diversité et crée des liens entre toutes les expériences vécues au cœur même de la ville. C’est une façon pour nous de soutenir cette destination, de relever le parcours urbain, et de susciter une nouvelle fierté collective.

Ce qui en est ressorti, est un modèle d’intendance dans lequel la GAO sert de catalyseur digne de confiance, de secrétariat dont le rôle est de rassembler les gens, de les aider à trouver un terrain d’entente et de créer les conditions nécessaires au travail en commun.

« On sentait qu’il y avait assez d’institutions », explique Alexandra Badzak. « Ce qui manquait, c’était une nouvelle méthodologie propice au travail collectif. »

Cette approche s’appuie sur des notions de réciprocité, leçons apprises des Premières Nations lors des rencontres initiales sur le Quartier. Chaque organisation possède sa force et son rythme. Le Quartier DAC vise à fournir un espace qui respecte ces différences tout en créant des connexions dans le but de tirer le meilleur parti de ce qui y est déjà organisé.

Le Quartier DAC vient tout juste d’être lancé, mais déjà, on voit les résultats de ces connexions alors que des vitrines désaffectées sont prises en main par des artistes grâce à de nouveaux partenariats, et que le CNA et la GAO explorent des possibilités de programmation collective. Sans compter qu’à la première rencontre du conseil consultatif du Quartier DAC, après avoir jeté un coup d’œil autour de la table, le membre de la Commission de la capitale nationale a exprimé à voix haute une pensée collective : « C’est la première fois que tout ce monde se retrouve autour d’une même table. »

Les artistes créent la culture, le dynamisme et le sentiment d’appartenance qui font de cette ville un endroit agréable à visiter et où il fait bon vivre. Le Quartier DAC présente l’occasion par excellence d’appuyer ce qui s’y déroule déjà et d’y contribuer visibilité, investissements et reconnaissance tant mérités par la communauté créative d’Ottawa. Les artistes font partie intégrante des histoires de cette ville, et le Quartier DAC annonce clairement et avec aplomb : nous vous écoutons et nous investissons en vous.

Et donc, qu’est-ce que le Quartier DAC ? C’est une reconnaissance géographique qui englobe le centre-ville d’Ottawa et connecte les organismes artistiques, les salles de spectacles, les espaces publics, les ZAC, et autres partenaires afin d’y créer un endroit dynamique et en constante évolution permettant l’exploration. C’est la façon, comme le dit si bien Alexandra Badzak, d’étreindre tout ce qui s’y passe déjà et d’y créer d’autres occasions pour les artistes, les commerces et les quartiers.

Et… il raconte une des histoires d’Ottawa, celle d’un quartier comme nul autre, un quartier du divertissement, des arts et de la culture, à la fois dynamique et diversifié. Il est grand temps de le découvrir et de le célébrer.

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