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Le Corridor des arts : un parcours artistique qui anime le Quartier DAC

Photo credit: City of Ottawa
photo : La ville d'Ottawa

Au cours des mois de juin, août et septembre, treize nouvelles œuvres d’art seront installées à travers le centre-ville d’Ottawa. Le Quartier DAC anime le cœur de la ville et rassemble la communauté locale ainsi que les touristes autour d’expériences culturelles et artistiques uniques. Ces nouvelles œuvres d’art publiques mettent en valeur le rôle d’Ottawa en tant que capitale nationale et créent des liens entre trois grandes institutions culturelles : le Centre national des Arts, le Musée des beaux-arts du Canada et la Galerie d’art d’Ottawa (GAO).

« Nous souhaitions que les artistes du Corridor des arts représentent non seulement le talent de la région d’Ottawa-Gatineau, mais aussi la diversité des pratiques artistiques à travers le pays », note Amy Wallace, conservatrice adjointe à la GAO. « Dans certains cas, nous avons choisi des sites historiquement très importants pour que les artistes puissent répondre à leurs significations. En se baladant dans le marché By, le public découvrira des œuvres pensées pour des lieux spécifiques, qui se dévoileront au fil de leur parcours. »

Organisé par l’équipe exposition de la GAO, le Corridor des arts offre aux artistes, comme au public, l’occasion d’explorer les possibilités de l’art public.

« Certains de ces artistes ont déjà une expérience en art public, alors que d’autres non », explique Rebecca Basciano, conservatrice en chef de la GAO. « C’est très stimulant de les accompagner dans la réalisation de leurs œuvres à plus grande échelle et de contribuer à l’évolution de leur pratique artistique. Et c’est vraiment gratifiant de voir la réaction du public devant les œuvres. »

Faire rayonner la diversité des histoires et des identités au cœur de la capitale

Le portrait photographique Edge of a Moment Variation I [Au bord de l’instant variation I] de Meryl McMaster fait partie des premières œuvres à être installées. Positionnée sur les fenêtres de l’ancien édifice de la Commission géologique du Canada au 25, rue George, maintenant occupé par le restaurant Dark Fork, l’œuvre de McMaster nous rappelle que les villes canadiennes ont été bâties sur des terres autochtones. Son œuvre nous invite à réfléchir à l’histoire du Canada et à amorcer un dialogue sur son héritage colonial.

« Mes œuvres sont des autoportraits photographiques performatifs à grande échelle », raconte McMaster. « J’intègre des éléments sculpturaux faits à la main à des vêtements que je crée moi-même, en faisant dialoguer mes héritages autochtones et néerlandais. La photographie présentée a été réalisée au Précipice à bisons Head-Smashed-In, en Alberta. Je voulais vraiment aborder la question du bison, un animal qui a été chassé de façon durable sur ce territoire pendant des milliers d’années, avant d’être presque décimé en quelques décennies par les colons. »

Meryl McMaster's
photo : Ming Wu

La murale colorée de Jordan Bennett, qui transforme un stationnement sur la rue Clarence, invite les touristes et les résidents à réfléchir à l’histoire des collections muséales. Artiste L’nu (Mi’kmaq) originaire de Stephenville Crossing, à Terre-Neuve, Bennett intègre des motifs inspirés des piquants de porc-épic ainsi que les couleurs de sa communauté, qu’il a étudiés lors de la visite d’une collection muséale dans la région de la capitale nationale.

« Bien souvent, ces œuvres et ces motifs historiques restent rangés dans les réserves des galeries et des musées. Ils ont rarement l’occasion d’être vus ou découverts comme ils étaient censés l’être. Et les personnes issues des communautés autochtones, noires et racisées ne se sentent pas toujours bienvenues ou à l’aise dans bon nombre d’institutions », explique Bennett. « En faisant sortir ces œuvres dans l’espace public, je donne aux gens la possibilité d’en faire partie, de s’inscrire dans cette histoire et d’en faire l’expérience d’une manière différente. »

Jordan Bennett speaking in front of his colourful mural on the Clarence Street parking garage in downtown Ottawa.
photo : Ming Wu

L’œuvre Country Queers No. 2 [Queers de la campagne, No 2] de Sam Loewen est imprimée sur une toile et installée à l’extérieur du bar The Lookout. Initialement conçue comme un foulard, cette œuvre met en scène une confrontation avec l’identité queer de Loewen et ses racines rurales en Alberta, tout en les réappropriant.

« Le bar The Lookout a été l’un des premiers espaces queer que j’ai découverts en arrivant à Ottawa, raconte Loewen. C’est un lieu qui a été essentiel pour moi, où j’ai pu tisser des liens, trouver des ami·es, l’amour et, en quelque sorte, une famille. Depuis des années, c’est un endroit important dans ma vie et, voir mon travail présenté au Lookout, est vraiment très significatif pour moi. »

Sam Loewen’s artwork “Country Queers” printed on a canvas hanging on the west wall of The Lookout Bar in downtown Ottawa.
photo : Ming Wu

Relier les communautés par l’art

Au cours de l’été, les touristes et les gens de la région d’Ottawa découvriront plusieurs nouvelles œuvres d’art installées dans le marché By. Parmi celles-ci, des œuvres de Gayle Uyagaqi Kabloona, Caroline Monnet, Norman Takeuchi, Jimmy Baptiste, Pony et bien d’autres.

« L’un des projets qui me tient à cœur est celui de Simon Brascoupé qui travaille avec des aînés de Kitigan-Zibi pour réaliser de la signalisation installée ici et là dans le Corridor des arts, invitant le public à découvrir la langue anishinaabemowin d’une manière ludique et exploratoire », a dit Wallace.

Le Corridor des arts reflète l’engagement de la GAO à créer des liens avec la communauté. Il rappelle aux artistes, aux gens d’Ottawa ou simplement de passage, que les arts jouent un rôle important dans la vie quotidienne et qu’ils contribuent à façonner l’identité culturelle d’Ottawa.

« L’art devrait faire partie intégrante de la vie quotidienne », souligne Wallace. « Désormais, les touristes et les publics de la région peuvent découvrir une sélection d’œuvres choisies avec soin en route vers le travail, la fin de semaine, ou simplement lorsqu’ils les croisent lors de déplacements. Nous voulons créer un lieu où chacun peut aller à la rencontre de l’art, simplement et librement. »

« Il s’agit de célébrer la richesse incroyable de la scène artistique et culturelle de notre ville », explique Basciano. « Le Corridor des arts est un pilier essentiel du Quartier DAC, le district du divertissement, des arts et de la culture d’Ottawa. »

Le saviez-vous ?

Saviez-vous que la Ville d’Ottawa a installé une série d’œuvres peintes sur la rue Sparks récement ? Découvrez L’îlot Canadiana !

Consultez les comptes Instagram et Facebook du Quartier DAC pour connaître les dates des prochains dévoilements d’œuvres d’art !

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